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The “Antitrust Letter” is a monthly series of articles written in french and english by founding member Thibault Schrepel. Each month’s release will analyze major changes within United States antitrust law and legal precedents, whilst contrasting and occasionally drawing parallels to European antitrust legal issues.

Antitrust Letter” est la chronique mensuelle du Concurrentialiste rédigée par Thibault Schrepel, l’un des membres fondateurs de la revue. Chaque nouveau numéro aura pour objet d’étudier les événements marquants liés au droit de la concurrence américain. Publiée en français et en anglais, cette lettre sera également l’occasion d’établir une étude comparative avec le droit européen de la concurrence.

Antitrust Letter #16 PDF: here

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Table of contents / Sommaire

September: the month of pay-for-delay cases
Septembre : le mois des affaires de « pay-for-delay »

Compliance program ≠ fine reduction
Programme de conformité ≠ réduction des sanctions

On the application of Chinese antitrust law to foreign companies
De l’application du droit chinois de la concurrence aux entreprises étrangères

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(English version) September: the month of pay-for-delay cases

On September 8, 2014, the FTC filed a complaint(1) with the U.S. District Court for the Eastern District of Pennsylvania against AbbVie, Abbott Laboratories, Unimed Pharmaceuticals, Teva Pharmaceuticals and Healthcare Besins on the basis of Section 5 of FTC Act. The FTC alleges that these companies have colluded in order to prevent a generic drug to hit the market. Three FTC commissioners voted the filing of this complaint. No dissenting view has, unfortunately, been published by one of the two opposing commissioners, namely M. Ohlhausen and J. Wright.

The FTC alleges that AddVie and Besins filed a “sham” patent lawsuit against Teva, with the only intent to delay the approval of the regulator.The FTC argues that AddVie and Teva then entered into a “pay-for-delay” agreement with Teva in order to postpone the marketing of the same generic drug.

It is the first time that the FTC brought an action against a pay-for-delay agreement since the Supreme Court decision FTC v. Actavis, 133 S. Ct. 2223 (2013)(2). This action will be particularly important as the district courts disagree on the exact scope of Actavis as to whether these pay-for-delay agreements should be interpreted strictly to require a cash payment, or more flexibly to include non-cash payments such as licensing or co-promotion…

On September 4, 2014, after the U.S. Judicial Panel on Litigation Multiditrict decided to centralize six class actions(3) and therefore referred the case to the U.S District Court in Rhode Island, the judge found(4) that Actavis only covered pay-for-delay agreements with a cash payment. The judge stressed that the Actavis reasoning involves to “calculate the true value of the payment” in order to assess the competitive effects of such agreements, which is impossible in the case where the payment is not monetary. Another court already ruled the same In re Lamictal Direct Purchaser Antitrust Litig., No. 12-cv-995, 2014 WL 282755 (DNJ Jan. 24, 2014).(5)

Conversely, in Lipitor Antitrust Litigation,(6the judge had ruled that the SCOTUS decision covers all payments. This was confirmed on October 1st, 2014 by a judge of the U.S. District Court for the Eastern District of Pennsylvania(7) when he remanded the case, the same court that will judge the FTC complaint.

(French version) Septembre : le mois des affaires de « pay-for-delay »

Le 8 septembre 2014, la FTC a déposé une plainte(1) auprès de la U.S. District Court for the Eastern District of Pennsylvania à l’encontre des sociétés AbbVie, Abbott Laboratories, Unimed Pharmaceuticals, Besins Healthcare et Teva Pharmaceuticals sur le fondement de la section 5 du FTC Act. La FTC reproche à ces sociétés de s’être entendues dans le but d’empêcher l’arrivée d’un générique sur le marché. Les commissaires de la FTC ont voté à 3 contre 2 le dépôt de cette plainte. Aucun avis dissident n’a malheureusement été publié par l’un des deux commissaires opposés, M. Ohlhausen et J. Wright.

La FTC allègue que les sociétés AddVie et Besins ont introduit une action à l’encontre de la société Teva qui était objectivement infondée dans le seul but de retarder de mise sur le marché du générique par le régulateur. AddVie et Teva auraient ensuite conclu un accord de « pay-for-delay » (report d’entrée) avec la société Teva dans le but que cette dernière retarde à son tour la mise sur le marché de ce générique.

Il s’agit de la première fois que la FTC introduit une action à l’encontre d’un accord de pay-for-delay depuis que la Cour Suprême des Etats-Unis a rendu son arrêt FTC v. Actavis, 133 S. Ct. 2223 (2013)(2). Cette décision sera particulièrement regardée tant les tribunaux de districts sont en désaccord sur la portée exacte de l’arrêt Actavis, à savoir si la décision de la Cour Suprême soumet à la règle de raison les seuls accords de pay-for-delay qui impliquent un paiement monétaire en échange du report d’entrée, ou également ceux qui impliquent un paiement sous une autre forme (comme la concession de licences, des accords de co-promotion…).

Le 4 septembre 2014, après que la U.S. Judicial Panel on Multiditrict Litigation ait décidé(3) de centraliser six actions de groupes sur la question, renvoyant l’affaire à la U.S. District Court in Rhode Island, cette dernière a jugé(4) que l’arrêt Actavis ne couvrait que les accords de pay-for-delay contenant un paiement monétaire. Les juges ont en effet relevé que l’arrêt Actavis impliquait de « calculer la véritable valeur du paiement » afin d’évaluer les effets anticoncurrentiels de tels accords, ce qui est impossible dans le cas où le paiement n’est pas monétaire. C’est déjà ce qu’avait jugé une cour dans l’arrêt In re Lamictal Direct Purchaser Antitrust Litig., No. 12-cv-995, 2014 WL 282755 (D.N.J. Jan. 24, 2014)(5).

À l’inverse, dans l’affaire Lipitor Antitrust Litigation(6), les juges ont récemment dit pour droit que tout type de compensation était couvert par l’arrêt de la SCOTUS. C’est ce qu’a réaffirmé(7) un juge de la U.S. District Court for the Eastern District of Pennsylvania le 1er octobre 2014 à l’occasion du renvoi de l’affaire, la même cour qui jugera la plainte de la FTC.

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(English version) Compliance program ≠ fine reduction

On the occasion of two speeches, Bill Baer, Assistant Attorney General for the Antitrust Division of the U.S. Department of Justice, and Brent Snyder,(8) Deputy Assistant Attorney General for the Antitrust Division of the U.S. Department of Justice, have reiterated that the existence of compliance programs can not be used by companies in order to obtain fines reductions.

Bill Baer recalled(9) that the deterrent value of fines, as well as the possibility for companies to benefit from leniency procedures, are two elements persuasive enough so antitrust authorities don’t have to confer fines reductions for the sole existence of compliance programs. It is the principle advocated by the Antitrust Section of the DoJ and European Commission for the last 20 years.

It is however interesting to stress that some other sections of the DoJ provide the benefit of a fine reduction for the sole existence of compliance programs. It is true for the criminal section that enforces the U.S. Foreign Corrupt Practices Act (“FCPA”), as described in the “U.S. Department of Justice and U.S. Securities and Exchange Commission, FCPA: A Resource Guide to the U.S. Foreign Corrupt Practices Act”.(10) The U.S. Sentencing Guidelines also confer such fines reductions, noting, “failure to prevent or detect the instant offense does not necessarily mean that the program is not generally effective in preventing criminal conduct.”(11)

Lastly, the Canadian Competition Bureau recently reiterated its commitment to the principle of taking into account the existence of a compliance program when calculating penalties.(12) He also stressed that such programs help the agency to decide on whether the action will be introduced under the Civil or the Criminal regime. The stakes are high and might create an incentive for companies to set up moderately effective compliance programs

(French version) Programme de conformité ≠ réduction des sanctions

À l’occasion de deux discours très commentés, Bill Baer, Assistant Attorney General for the Antitrust Division of the U.S. Department of Justice, et Brent Snyder,(8) Deputy Assistant Attorney General for the Antitrust Division of the U.S. Department of Justice, ont tout deux réaffirmé que l’existence de programmes de conformité au droit de la concurrence ne permet pas aux entreprises d’obtenir une réduction d’amende.

Bill Baer a rappelé(9que le montant dissuasif des sanctions encourues ainsi que la possibilité pour les entreprises de bénéficier de procédures de clémence sont suffisamment incitatifs pour ne pas conférer une réduction d’amende en raison de l’existence d’un programme de conformité. C’est la ligne que défend la section Antitrust du DoJ depuis maintenant 20 ans. C’est également le principe appliqué par la Commission européenne.

Il est toutefois intéressant de relever que certaines autres sections du DoJ confèrent le bénéfice d’une réduction d’amende aux programmes de conformité. C’est par exemple le cas de la section criminelle qui, faisant appliquer le U.S. Foreign Corrupt Practices Act (« FCPA »), admet des réductions d’amendes tel qu’indiqué dans le « U.S. Department of Justice and US Securities and Exchange Commission, FCPA: A Resource Guide to the U.S. Foreign Corrupt Practices Act »(10). Les U.S. Sentencing Guidelines reconnaissent également ce bénéfice, notant que « l’échec à prévenir ou à détecter une infraction ne signifie pas nécessairement que le programme de conformité n’est pas efficace en matière de prévention des comportements criminels »(11).

Également, le Canadian Competition Bureau a récemment rappelé son attachement au principe d’une prise en compte de l’existence éventuelle d’un programme de conformité au moment du calcul des sanctions(12) . Il souligne par ailleurs que de tels programmes lui servent à déterminer si l’action sera introduite au pénal ou au civil. L’enjeu est donc de taille, au risque que les entreprises mettent en place des programmes de conformité moyennement efficaces

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(English version) On the application of Chinese antitrust law to foreign companies

On September 10, 2014,(13the FTC commissioner Edith Ramirez expressed some concerns regarding the way Chinese authorities are applying their antitrust laws against foreign companies. Following the initiation of proceedings against Microsoft, Edith Ramirez noted that, contrary to what the FTC and the European Commission are doing, the Chinese regulatory authorities seem inclined to retain the liability of a company on the sole basis of the terms specified in FRAND agreements. She recalled that, if hold-up practices could be problematic in FRAND agreements, it does not go the same when all companies are willing to agree to those terms.

On September 12, 2014,(14Bill Baer also noted that “U.S. antitrust law does not bar ‘excessive pricing’ in and of itself”, and that any monopolist is free to choose the price he wishes to apply. He took the opportunity to remind that antitrust law should not be used for protectionist purposes because it creates a risk to discourage investors, as Milton Friedman noted years ago.(15)

The three Chinese authorities in charge of the Antitrust briefly answered by pointing out that only 10% of all cases involve foreign companies. According to them, it is, therefore, false to say that they use antitrust laws as an industrial or political strategy.

Please note that these two statements strongly reject the inclusion of any other criteria than those related to strict antitrust law/economic analysis, which symbolises the victory of the Chicago School which has always presented antitrust law as being the search for the sole economic efficiency.


(French version) De l’application du droit chinois de la concurrence aux entreprises étrangères

Le 10 septembre 2014(13), la commissaire Edith Ramirez a exprimé des inquiétudes quant à l’application faite par les autorités chinoises de leur droit de la concurrence à l’encontre de sociétés étrangères. Faisant suite à l’ouverture d’une procédure à l’encontre de la société Microsoft, Edith Ramirez a relevé que contrairement à ce que la FTC et la Commission européenne font, les autorités régulatrices chinoises semblent plus enclines à retenir la responsabilité d’une entreprise sur le seul fondement des termes prévus à des accords de licences FRAND. Elle a rappelé que si les pratiques de hold-up posaient effectivement problème en matière d’accords FRAND, il n’en allait pas de même lorsque toutes les entreprises à l’accord étaient disposées à conclure.

Le 12 septembre 2014(14), Bill Baer a lui aussi relevé que le droit de la concurrence américain n’interdit pas per se les prix excessifs, et que tout monopoleur est libre de choisir le prix qu’il souhaite appliquer. Il en a d’ailleurs profité pour rappeler que le droit de la concurrence ne devait pas être utilisé à des fins protectionnistes, au risque de décourager les investisseurs, ce que relevait déjà Milton Friedman(15).

En réponse, les trois autorités chinoises en charge de la concurrence ont brièvement répondu en soulignant que seules 10% des affaires ouvertes dans ce domaine concernaient des entreprises étrangères, et qu’il ne fallait donc pas y voir une stratégie industrielle ou politique.

Notons que ces deux déclarations qui rejettent fermement la prise en compte de tous autres critères que ceux liés au droit de la concurrence / analyse économique symbolisent par ailleurs une victoire de l’Ecole de Chicago qui a toujours présenté le droit de la concurrence comme celui de la recherche de la seule efficience économique

———————————— Footnotes / Notes de bas de page

  • (1) U.S. District Court for The Eastern District of Pennsylvania, Case 2:14-cv-05151: link
  • (2) Voir la Antitrust Letter #1: link
  • (3) U.S. Judicial Panel on Multidistrict Litigation, In Re: Loestrin 24 Fe Antitrust Litigation Mdl No. 2472: link
  • (4) U.S. District Court for The District of Rhode Island, In Re Loestrin 24 Fe Antitrust Litigation, No. 1:13-md-2472-S-PAS: link
  • (5) In re Lamictal Direct Purchaser Antitrust Litig., No. 12-cv-995, 2014 WL 282755 (D.N.J. Jan. 24, 2014): link
  • (6) United States District Court For The District Of New Jersey, In Re Lipitor Antitrust Litigation, Civil Action No. 3:12-
    cv-02389: link
  • (7) U.S. District Court For The Eastern District Of Pennsylvania, Time Insurance Company V. Astrazeneca Civil Action
    No. 14-4149: link
  • (8) B. SNYDER, Compliance is a Culture, Not Just a Policy, Remarks as Prepared for the International Chamber of
    Commerce/ United States Council of International Business Joint Antitrust Compliance Workshop, September 9, 2014: link
  • (9) B. BAER, Prosecuting Antitrust Crimes, Remarks as Prepared for the Georgetown University Law Center Global Antitrust
    Enforcement Symposium, September 10, 2014: link
  • (10) U.S. Department of Justice and US Securities and Exchange Commission, FCPA: A Resource Guide to the U.S. Foreign
    Corrupt Practices Act: link
  • (11) 8B2.1. Effective Compliance and Ethics Program: link
  • (12) Canadian Competition Bureau, Corporate Compliance Programs: link
  • (13) E. RAMIREZ, Standard-Essential Patents and Licensing: An Antitrust Enforcement Perspective Address by
    FTC Chairwoman Edith Ramirez 8th Annual Global Antitrust Enforcement Symposium Georgetown University Law Center
    Washington, DC September 10, 2014: link
  • (14) B. BAER, International Antitrust Enforcement: Progress Made; Work To Be Done, Remarks as Prepared for Delivery at
    the 41st Annual Conference on International Antitrust Law and Policy: link
  • (15) T. SCHREPEL, « L’apport de Milton Friedman au droit de la concurrence », 27 mai 2013, Le Concurrentialiste: link

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